(Des centaines de tonnes de céréales frauduleusement convoyées)

Les pays de la sous région, à l’instar de la communauté internationale souffrent le martyr,  suite à la  crise alimentaire mondiale, et des mesures hardies sont prises pour en maîtriser les conséquences  à défaut de l’endiguer. Au Bénin, le gouvernement a très tôt anticipé sur le fléau et des mesures avaient été prises pour permettre aux populations de vivre sans trop subir les affres de la double crise alimentaire et pétrolière mondiale.

Des actions qui semblent avoir vécu dans un environnement sous régional dans un total déséquilibre. Ceci d’autant plus que, beaucoup plus qu’aux Béninois, lesdites mesures profitent aux citoyens de la sous région. Et c’est ce qui est observé, ces derniers mois, à) Gaya, zone frontalière entre le Bénin et le Niger. Là, plusieurs centaines de tonnes de céréales (maïs, farine de manioc, igname et autres) passent quotidiennement, au nez et à la barbe des services compétents de sécurité, en direction du Niger.  Ceci dans des camions, des charrettes et par plusieurs autres moyens, sans aucune crainte.

La libre circulation des personnes et des biens autorise un tel trafic et la solidarité agissante entre les peuples du Niger et du Bénin ne devrait pas amener à s’inquiéter sur le mouvement accéléré des céréales entre les deux pays. Seulement qu’il est dangereux voire  même suscidaire que de regarder indifférent se dérouler ce qu’il n’est exagéré d’appeler une évasion céréalière du Bénin vers le Niger. Seulement il est inconcevable, au  moment où les produits céréaliers se font rares au Bénin et que les prix des produits de première nécessité grimpent de façon vertigineuse, d’accepter dans des tonnages aussi considérables des convois de vivres vers un pays  limitrophe.

Certes les techniciens ne manqueront pas de parler du libéralisme qui dicte sa loi dans le secteur commercial, pour justifier la saignée céréalière que subie le Bénin de nos jours,  mais ils doivent savoir qu’à situation exceptionnelle, mesures exceptionnelles. Ce qui devrait les amener à prendre la mesure du danger pour réagir pendant qu’il est encore temps.

Nous osons croire qu’ils peuvent encore agir en toute liberté pour contenir ce grand crime économique qui contribuera à annihiler les multiples efforts du gouvernement du Docteur Boni Yayi dans ce domaine.

A. E

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